Cher membres et amis du forum,
A la demande des propriétaires des marques "Violon Cello" et "RG eviolins" , tout message faisant référence aux dites marques, leur produit, toute url conduisant vers leurs sites internet, et tout commentaire susceptible de permettre directement ou indirectement d'en identifier les propriétaires seront dorénavant supprimés. Nous invitons les personnes souhaitant se renseigner sur ces marques et produits à poster leurs questions et messages sur un autre lieu d’échange.

1ère position

Vous avez déjà quelques mois ou plusieurs années d'expérience, et quelques astuces à communiquer...
Répondre
Julie77
Messages : 39
Inscription : mar. 3 mai 2016 18:41
Pratique du violon : 0

Re: 1ère position

Message par Julie77 » mar. 12 juil. 2016 15:42

Theo a écrit :Il faut prendre un exo du Sevcik où il y a que des doubles, pas trop dur, et changer les rythmes. Par exemple: Tu commences par faire une double "lente" puis trois "rapides" (pour chaque paquet de 4 croches). Puis trois rapides et une lente etc... Tu inventes ce que tu veux du moment que tu fais la même chose à chaque fois et que tu respectes les temps du métronome.
Au fur et à mesure tu verras que faire que des doubles c'est super simple.

Si avec des doigtés tu n'y arrives pas, fais cet exo avec des cordes à vide (mais ça risque d'être bien saoulant).

Aussi, dernier conseil, essaye de ne pas forcément compter de manière académique, essaye de ressentir le mouvement de ton bras et poignet pour chaque double. Je ne suis pas certain par exemple lorsqu'il y a des triples croches à tempo rapide que quelqu'un compte chaque triple.
Applique ça à tout! Le violon c'est une affaire de ressenti. Les solistes quand ils jouent, ils ne comptent pas les croches et autres (non pas parce-qu'ils ont l'habitude du morceau, c'est juste que c'est le corps qui comptent à leur place :p), et d'ailleurs ils ne réfléchissent pas à grand chose. Soit c'est le vide dans leur tête et ils se laissent porter par l'orchestre et jouent, soit ils réfléchissent à ce qu'ils vont manger ce soir :hehe:

je préfère faire à vide pour le moment comme dans je joue du violon vol 1 pour m'entrainer mais oui voilà j'ai pas le ressenti , ce qui fait que j'en fais soit trop soit pas assez.
le sevcik peut être pas mal mais j'ai déjà trop de méthode... et du coup avec ma prof on fera je joue du violon vol 2 à la rentrée.
J'en parlerais avec ma prof mais c'est pas facile les doubles croches, les triples etc.. surtout que j'ai pas le sens du rythme et jouer très rapidement pour une débutante je pense que c'est normal ma difficulté :(

mais c'est vrai il faut ressentir c'est pas mal je joue du violon avec le cd du coup car si je ressens ces doubles croches en écoutant à force peut être que cela peut m'aider à les jouer et j'avoue que j'ai peu bossé ces exos là j'ai commencé qu'hier. heureusment que je connais toutes les notes du vol 1 c'est juste le rythme le problème. :(



Lana
Messages : 195
Inscription : lun. 13 févr. 2017 00:56
Pratique du violon : 0

Re: 1ère position

Message par Lana » mar. 24 oct. 2017 12:18

PhilippeB a écrit :
mar. 14 juin 2016 23:16
Julie77 a écrit :je pensais que ces études abordaient seulement la 1ère position?
Tu as tout à fait raison, ces études de Dancla c'était en première année... J'ai confondu avec les études de Mazas, le 2ème cahier. C'est avec ça que mon fils a appris les positions. Et l'ordre est bien 3,5,7,2,4,6. Il a utilisé ce cahier pendant à peu près 2 ans et je pense qu'il a dû le faire en entier.
Ah? Ici Mini travaille les positions sur un manuel écrit par sa prof, il fait la 5 et la 2 en parallèle, ensuite il apprendra la 4 et... pour elle, les autres ne nécessitent pas de travail spécifique et se font au fur et à mesure ses besoins. Normalement il aura donc fini le travail des positions cette année. Quant aux études Mazas, mon grand a commencé le premier cahier seulement après avoir terminé les Walfahrt

Avatar de l’utilisateur
PhilippeB
Messages : 567
Inscription : lun. 15 déc. 2014 15:55
Pratique du violon : 0
Sexe : Homme
Localisation : 94

Re: 1ère position

Message par PhilippeB » mar. 24 oct. 2017 17:05

Bah je crois qu'il n'y a pas de règle absolue. Le Mazas fait commencer par les impaires puis les paires, ce qui permet d'aborder le registre aigu assez vite. Il y a des profs qui font apprendre dans l'ordre 1,2,3,4.. D'autres qui font commencer par la 3... Alors chacun a sa méthode. Il faut distinguer 2 choses dans l'apprentissage des positions : la simple connaissance des doigtés d'une part (permettant de déchiffrer une partition écrite dans n positions), le placement de la main d'autre part de façon à jouer juste dans chaque position. Si la connaissance des doigtés peut être considérée acquise assez vite (encore que certains doigtés ne sont pas employés fréquemment et doivent s'entretenir), le placement de la main est une autre affaire et on n'en a jamais fini, surtout qu'après, d'autres difficultés arrivent avec les démanchés, les doubles cordes, les extensions, etc. Et puis les positions ne s'arrêtent pas à la 7ème... Dans les œuvres de virtuosité beaucoup de choses se passent entre la 7ème et la 13ème position, dans des endroit de la touche où un demi-ton équivaut à 3 ou 4 millimètres... :gene:

Lana
Messages : 195
Inscription : lun. 13 févr. 2017 00:56
Pratique du violon : 0

Re: 1ère position

Message par Lana » mar. 24 oct. 2017 17:44

Mini , avec sa méthode, travaille les démanches en boucle en plus des exercices de positions. Et vers la moitié du cahier il y a aussi des exercices de doubles cordes, et aussi dans son cahier de gammes il y en a qui se font en doubles cordes aussi. Décidément je crois qu'il y a autant de méthodes que de profs!

Avatar de l’utilisateur
PhilippeB
Messages : 567
Inscription : lun. 15 déc. 2014 15:55
Pratique du violon : 0
Sexe : Homme
Localisation : 94

Re: 1ère position

Message par PhilippeB » mer. 25 oct. 2017 14:29

Oui je crois que les enfants doués et qui travaillent peuvent aborder beaucoup de problématiques en même temps. Quand on voit ce que font certains prodiges après seulement 2 ou 3 ans de violon...

Lana
Messages : 195
Inscription : lun. 13 févr. 2017 00:56
Pratique du violon : 0

Re: 1ère position

Message par Lana » mer. 25 oct. 2017 18:37

Je serai d'ailleurs curieuse d'en savoir plus sur leurs méthodes 🤔

Avatar de l’utilisateur
PhilippeB
Messages : 567
Inscription : lun. 15 déc. 2014 15:55
Pratique du violon : 0
Sexe : Homme
Localisation : 94

Re: 1ère position

Message par PhilippeB » ven. 27 oct. 2017 10:52

Aucune idée mais dans le cas de prodiges j'imagine que la méthode a finalement peu d'importance (beaucoup ont été initiés par leurs parents qui n'étaient pas des pédagogues). J'imagine qu'ils ont cette capacité hors du commun à imiter immédiatement et parfaitement les gestes qu'on leur montre, un peu comme si le maître n'était là au fond que pour leur rappeler des choses qu'ils savent déjà faire... :blink:

Lana
Messages : 195
Inscription : lun. 13 févr. 2017 00:56
Pratique du violon : 0

Re: 1ère position

Message par Lana » ven. 27 oct. 2017 17:37

Tu as une vision très romantique, voire naïve de la chose je trouve. Les vrais prodiges sont, par définition, rares, comme cette asiatique (je n'ai plus le nom en tête) qui jouait Mendelssohn ou Paganini à six ans: quelque chose de totalement inexplicable, quand bien même elle aurait bosse hit heures par jour (ce qui de toute façon est impossible). Pour les autres, notamment gagnants des concours comme grumiaux ou autre, je pense au contraire que la méthode est essentielle. Ce sont certes des enfants doués voire très doués mais pas des prodiges. En revanche ils ont eu la chance de démarrer tôt, avec des parents impliqués et professeurs ayant vu leur potentiel et ayant su s'y adapter. Un enfant qui commence à trois ans a, à dix, déjà sept ans de pratique derrière lui! Si l'enfant est malin, a une bonne mémoire, un prof avec qui "ça passe bien" et des parents capables de l'aider au quotidien alors le résultat peut être très honorable sans qu'il ne soit un prodige à proprement parler! Pour le petit exemple, mon fils traînait un exercice de seconde position depuis quinze jours, sa prof, au dernier cours, a pris le temps de le travailler avec lui. Cela a pris sept minutes à corriger et apprendre par cœur, chose qu'il n'avait pas réussi à faire pendant deux semaines. Sept minutes. Autant dire que si j'avais été moi-même violoniste, l'exercice en question aurait été nickel dès le premier jour. 🙄 Cela n'aurait rien de prodigieux pour autant, juste un travail adapté.

Lana
Messages : 195
Inscription : lun. 13 févr. 2017 00:56
Pratique du violon : 0

Re: 1ère position

Message par Lana » ven. 27 oct. 2017 17:37

Tu as une vision très romantique, voire naïve de la chose je trouve. Les vrais prodiges sont, par définition, rares, comme cette asiatique (je n'ai plus le nom en tête) qui jouait Mendelssohn ou Paganini à six ans: quelque chose de totalement inexplicable, quand bien même elle aurait bosse hit heures par jour (ce qui de toute façon est impossible). Pour les autres, notamment gagnants des concours comme grumiaux ou autre, je pense au contraire que la méthode est essentielle. Ce sont certes des enfants doués voire très doués mais pas des prodiges. En revanche ils ont eu la chance de démarrer tôt, avec des parents impliqués et professeurs ayant vu leur potentiel et ayant su s'y adapter. Un enfant qui commence à trois ans a, à dix, déjà sept ans de pratique derrière lui! Si l'enfant est malin, a une bonne mémoire, un prof avec qui "ça passe bien" et des parents capables de l'aider au quotidien alors le résultat peut être très honorable sans qu'il ne soit un prodige à proprement parler! Pour le petit exemple, mon fils traînait un exercice de seconde position depuis quinze jours, sa prof, au dernier cours, a pris le temps de le travailler avec lui. Cela a pris sept minutes à corriger et apprendre par cœur, chose qu'il n'avait pas réussi à faire pendant deux semaines. Sept minutes. Autant dire que si j'avais été moi-même violoniste, l'exercice en question aurait été nickel dès le premier jour. 🙄 Cela n'aurait rien de prodigieux pour autant, juste un travail adapté.

Lana
Messages : 195
Inscription : lun. 13 févr. 2017 00:56
Pratique du violon : 0

Re: 1ère position

Message par Lana » ven. 27 oct. 2017 17:57

Mince message en double, toujours la galère avec le téléphone :taistoi:

Ce que je veux dire c'est qu'à de très très rares exceptions près je ne crois pas à la magie, en revanche je suis convaincue qu'un travail adapté dans des conditions favorables puisse faire des miracles. D'où ma curiosité pour les méthodes

Avatar de l’utilisateur
PhilippeB
Messages : 567
Inscription : lun. 15 déc. 2014 15:55
Pratique du violon : 0
Sexe : Homme
Localisation : 94

Re: 1ère position

Message par PhilippeB » lun. 30 oct. 2017 11:26

Naïf et romantique, merci Lana, je prends ça comme un compliment! ::d
Il y a sûrement pleins de paramètres et de facteurs qui entrent en ligne de compte dans les progrès d'un enfant, mais quand même à mon avis beaucoup de ces paramètres et facteurs viennent de l'enfant lui-même et ni la méthode ni le prof n'y peuvent rien changer.
Par exemple, beaucoup d'enfants ne progressent pas ou plus, simplement parce qu'ils n'en voient pas l'utilité! Ils se satisfont très bien de ce qu'ils font à un instant t sans éprouver le besoin d'améliorer les choses. Tous les enfants ne sont pas naturellement "perfectionnistes" et beaucoup sont même assez paresseux par nature... Par exemple, si ils jouent à peu près juste, ça va leur suffire, si ils peuvent s'épargner de vibrer le 4ème doigt sans que ce soit franchement moche ils ne se donneront pas cette peine (c'est fatiguant de vibrer le 4ème doigt!), s'ils peuvent utiliser les 3/4 de l'archet au lieu de l'archet entier pour un résultat presque équivalent, alors à quoi bon se fatiguer à faire de grands mouvements! :lol:

Lana
Messages : 195
Inscription : lun. 13 févr. 2017 00:56
Pratique du violon : 0

Re: 1ère position

Message par Lana » lun. 30 oct. 2017 15:57

PhilippeB a écrit :
lun. 30 oct. 2017 11:26

Par exemple, beaucoup d'enfants ne progressent pas ou plus, simplement parce qu'ils n'en voient pas l'utilité! Ils se satisfont très bien de ce qu'ils font à un instant t sans éprouver le besoin d'améliorer les choses. Tous les enfants ne sont pas naturellement "perfectionnistes" et beaucoup sont même assez paresseux par nature... Par exemple, si ils jouent à peu près juste, ça va leur suffire, si ils peuvent s'épargner de vibrer le 4ème doigt sans que ce soit franchement moche ils ne se donneront pas cette peine (c'est fatiguant de vibrer le 4ème doigt!), s'ils peuvent utiliser les 3/4 de l'archet au lieu de l'archet entier pour un résultat presque équivalent, alors à quoi bon se fatiguer à faire de grands mouvements! :lol:
Détrompe-toi, tous les enfants surdoués ne sont pas perfectionnistes point de vue technique, bien au contraire! Le fait d'y "arriver" facilement est un piège (pas seulement dans le domaine de la musique d'ailleurs), car, du coup, puisqu'on y arrive sans efforts, pourquoi travailler? Reprendre lentement un passage/justesse/doigtés demande beaucoup de maturité, d'autant plus que les débuts ont été rapides et n'ont pas nécessité beaucoup d'efforts. Et puis, on ne perçoit pas soi-même ce qu'entend le public, tu l'as dit toi-même. À ce stade il est indispensable que le professeur soit assez psychologue et qu'il sache motiver et remettre au travail, expliquer aussi la nécessité du travail technique propre car ça n'a rien d'évident: le sens critique comme l'amour de son propre viennent avec expérience . Un enfant, même très doué reste avant tout un enfant, un être qui se construit -y compris musicalement, et c'est le professeur qui va donner les bonnes habitudes de travail et pousser à ne pas se satisfaire de ce qui vient tout seul.

Je me rappelle avoir le une sitation d'un grand violoniste, ancien enfant prodige (je ne me souviens pas de nom) : "on devrait fusiller tous les enfants prodiges et leurs parents avec". On est très loin de cette vision d'enfant qui se tape six heures par jour de technique par simple amour de musique ...

Avatar de l’utilisateur
PhilippeB
Messages : 567
Inscription : lun. 15 déc. 2014 15:55
Pratique du violon : 0
Sexe : Homme
Localisation : 94

Re: 1ère position

Message par PhilippeB » lun. 30 oct. 2017 17:01

Je ne suis pas sûr de suivre ton raisonnement mais au vu des échanges que nous avons déjà eu je pense que tu surestimes les pouvoirs des profs et de la méthode d'enseignement (et je dois dire que c'est le cas de beaucoup de parents qui ne sont pas musiciens eux-mêmes et qui s'imagine qu'en choisissant bien les profs ou les méthodes ils vont fabriquer des virtuoses). Les gamins ne sont pas des machines programmables et pilotables à volonté. Je reste persuadé que les aptitudes naturelles des enfants (qu'il s'agisse de dons violonistiques mais aussi et surtout de tempérament, de personnalité, et aussi évidemment de la passion - ou la monomanie!- qui les anime) comptent pour largement plus que tous les profs et méthodes de la terre dans leur capacité à progresser! Certains virtuoses ont réussi EN DEPIT même de leurs parents (qui cherchaient à les détourner du violon et à leur faire faire des "études sérieuses") voire de leurs professeurs (Lis le bouquin d'Ivry Gitlis où il n'a pas de mots assez durs pour l'enseignement du CNSM où il passa son adolescence). L'enseignant reste un guide qui a son rôle à jouer mais en aucun cas il n'est un dresseur de chiens de cirque. Sa principale vertu au contraire est d'apprendre aux élèves à devenir autonomes, c'est-à-dire à savoir progresser par eux-mêmes.

Lana
Messages : 195
Inscription : lun. 13 févr. 2017 00:56
Pratique du violon : 0

Re: 1ère position

Message par Lana » lun. 30 oct. 2017 22:12

Philippe, il est évident que le meilleur des préparateurs ne fera pas d'un âne un cheval de course. Mais ce qui compte, je crois, c'est la rencontre entre un enfant doué et un pédagogue qui sait s'y prendre, d'ailleurs on retrouve ce paramètre pour tous les grands ou presque (et pas seulement musiciens). Un prof peu impliqué et pas assez exigeant, qui n'adapte pas ses demandes des le début aux capacités, ne saura pas donner les bases solides ni maintenir et développer la passion; à l'inverse, quelqu'un de trop strict et trop exigeant trop tôt risquerait d'épuiser et d'écœurer le plus doué des enfants (combien sont-ils à arrêter à l'adolescence après des débuts très très prometteurs? ). Pour parler de notre maigre expérience, professeur Nemtanu , excusez du peu, avait dit cet été de mon grand qu'il a "tout ce que l'on ne peut pas apprendre". Il est incontestablement très doué, mais il avait démarré dans une petite école de musique du village où il n'avait, en deux ans, appris que très peu de choses; il était très impliqué au début mais finalement comme à chaque cours c'était toujours très bien sans qu'il ait à fournir le moindre effort et que les morceaux de la méthode se suivaient, ennuyeuses... il avait pris ce plis de travail (ou de non-travail devrais-je dire); il avait arrêté six mois, repris des cours avec un prof de petit conservatoire et rentré au CRR. Là, la douche froide: il a fallu travailler et aussi corriger beaucoup de mauvaises habitudes . Une première année très difficile, une seconde meilleure, mais à la troisième il y a eu Mini... si bien qu'aujourd'hui il est plus facile pour lui de dire qu'il n'aime pas trop ça, alors que je sais qu'il est loin d'y être indiffèrent. Mini, lui, autre cas de figure: un enfant TRÈS turbulent au comportement franchement atypique. Quand il a demandé à faire du violon, j'avais d'abord contacté le prof qu'on avait en cours particuliers pour préparer l'entrée au conservatoire : il n'avait pas voulu lui faire cours :D . J'ai donc demandé à la prof du CRR, qui n'était pas franchement emballée non plus pour l'avoir déjà vu deux ou trois fois pendant le cours du grand frère. J'ai du insister, elle avait dit oui juste pour un ou deux cours , et averti que s'il n'arrivait pas à se concentrer elle ne poursuivrait pas! Après le premier cours, en repartant, elle avait murmuré "une tres bonne surprise, vraiment très bonne surprise ". Depuis, elle s'adapte, elle sait le prendre et elle y croit, quant à mon fils -qui n'a rien d'un prodige, certes- il aime d'amour son instrument, travaille maintenant plus de deux heures par jour et demande des cours supplémentaires. Il a toutes les qualités de son grand frère, en plus desquelles il a appris dès le début une rigueur dans le travail. Elle ne veut toutefois pas le faire avancer trop vite: "le problème, ce n'est pas d'apprendre vite, c'est de durer". Elle craint que si elle exige trop, il raccroche à l'adolescence comme beaucoup de ces enfants et elle ne veut pas que cela arrive. Aussi, elle est convaincue que dans le cas de ce bonhomme, ce qui compte c'est sa tête, et le violon suivra, "il jouera merveilleusement bien de toute façon". J'avoue que j'ai quelque réserves quand j'écoute mon fils jouer et quand j'entends, sur YouTube, des enfants de son âge... Néanmoins, il finit la cinquième position là et ensuite elle veut lui donner un morceau "bien du deuxième cycle", au bout de deux ans de violon. Pourrait-il apprendre encore plus vite ? Peut-être. Pourrait-il jouer plus proprement? Il y vient petit à petit, mais vois-tu, c'est très difficile pour lui de faire du travail lent, parce que ce qu'il veut c'est de la musique, s'arrêter pour corriger ses erreurs le coupe dans son élan.. c'est vraiment aller contre sa nature pour lui qui a habitude depuis sa naissance que tout soit facile. Et puis, il y a l'émotion ! Il a repris hier le Kreisler de son frère juste pour le plaisir, certes ce n'est pas de son niveau et loin d'être propre mais musicalement j'avoue que j'ai été scotchée, ce morceau lui va comme un gant, c'est assez déroutant venant d'un enfant de huit ans! Il a manifestement, comme son frère, ce qui est impossible d'apprendre, même si la technique n'y est pas encore. Cela dit, quand il etait face à une difficulté, il y a peu, c'était la crise de nerfs assurée; mais depuis le concours il relativise, reprend, travaille. Enfin, grande nouveauté : depuis les dernières vidéos que j'ai postées il s'est mis à soigner le son, se servir du métronome, vérifier la justesse et même travailler des études qu'il n'a pas à faire (j'ai bien dit travailler, pas survoler), il veut apprendre, apprendre... en une semaine, son Vivaldi est presque nickel et nettoyé des crasses qu'il traînait depuis deux mois, et ce alors qu'il n'y a presque pas touché, mais bien soigné ses gammes, ses études, son archet...

Bref, si je raconte tout cela là tout de suite ce n'est pas pour qualifier mon fils de prodige, ce qu'il n'est pas, c'est juste pour souligner qu'avec une autre personne il n'aurait certainement pas eu ce résultat encourageant alors que manifestement il entre dans la case des enfants doués . Cette prof-là a été la personne idéale pour lui, elle a su voir son potentiel là où tout le monde voyait un môme agité et ne sachant pas se tenir, elle a su l'amener à un travail sérieux alors qu'il est loin d'être posé et perfectionniste par nature. En revanche le moment viendra où il aura besoin de quelqu'un d'autre, avec qui il aura une relation moins "maternelle", moins intime, mais qui l'impressoonerait , lui en imposerait et exigerait de lui, cette fois, le maximum que ses capacités lui permettent de donner. Il n'aurait pas pu le supporter plus tôt car comme tout enfant surdoué (au sens médical du terme) il est très émotif, mais il acquiert petit à petit de la maturité et des habitudes de travail; ce n'est pas pour tout de suite et sa prof a énormément de choses à lui apprendre encore, mais elle-même a déjà évoqué ce moment ("dans un ou deux ans il faudrait envisager de prendre cours au moins une fois par trimestre avec un grand prof pour qu'il le suive déjà"). J'avoue que cette étape me fait beaucoup m'interroger quant à la personne adéquate pour lui et avec qui le courant passerait aussi bien qu'avec sa prof actuelle.

Avatar de l’utilisateur
PhilippeB
Messages : 567
Inscription : lun. 15 déc. 2014 15:55
Pratique du violon : 0
Sexe : Homme
Localisation : 94

Re: 1ère position

Message par PhilippeB » mar. 31 oct. 2017 12:34

Salut Lana,
En effet l'adolescence est un passage délicat pour les musiciens en herbe. Mon fils qui vient d'avoir 13 ans entre de plein pied dans cette zone de turbulences et j'imagine que pour ton grand ça doit être pareil. Faire du violon en 2017 pour un gamin de 13 ans ça n'a rien d'évident. Heureusement il est dans une classe CHAM mais je n'ose imaginer si il était dans une classe "normale" où il serait vraiment vu par les autres comme une bête curieuse... Et puis il y a toutes les sollicitations de l'époque, les smartphones, les jeux vidéo, la télé, le sport, la musique à la mode, etc. (Et encore pour l'instant il ne s'intéresse pas trop aux filles :lol: ). Donc au final ce n'est pas simple de garder la motivation et la discipline d'un travail régulier à cet âge-là! Ce que j'espère c'est qu'après 6 années le violon fasse désormais suffisamment partie de son ADN pour qu'il n'ait pas envie de lâcher et puis il y a aussi le cercle vertueux succès-> motivation->travail->succès... Bien sûr l'entourage familial et amical ainsi que le (ou les) profs ont un rôle à jouer dans la motivation mais à cet âge-là les choses doivent commencer à venir "de l'intérieur", il doit commencer à comprendre que ce qu'il fait c'est pour lui et pas pour faire plaisir à ses parents ou à ses profs... Il faut aussi surveiller la charge de travail annexe qui est aussi un problème dans les CRR à partir du 3ème cycle spécialisé où on est déjà considéré semi-pro : je pense au solfège, au déchiffrage, à la musique de chambre et surtout à l'orchestre qui est vraiment très lourd. Je ne sais pas quel est le programme de l'orchestre au CRR de Montpellier mais ici l'orchestre travaille 5 ou 6 programmes de concert dans l'année avec 3 heures de répétition par semaine + les répétitions supplémentaires avant concert + les générales + les concerts eux-mêmes. De surcroît la fille qui tiens le rôle de premier violon cette année et qui est du genre stakhanoviste s'est mis en tête de leur faire faire 3 heures de partiels par semaine en plus de la répétition tutti! Là il y a vraiment un problème qu'il va falloir que je gère car on frise l'overdose d'orchestre et je ne voudrais pas que ça finisse par le dégoûter! Bref tout ça pour dire que le prof de violon avec ses 3/4 d'heures par semaine a certes un rôle dans la motivation mais un rôle presque epsilonesque par rapport à tout le reste...
Après par rapport à ton cadet, je pense qu'il ne faut pas que tu t'inquiètes outre mesure pour l'instant. Il est dans un bon conservatoire avec un bon prof. Donc il faut faire confiance. Je comprends que tu veuilles lui donner le meilleur mais attention! en tant que parent, non musicien de surcroît, tu dois vraiment faire confiance à l'institution et aux profs, sans quoi cela risque d'être contre-productif. J'ai personnellement une amie qui est très investie dans la musique pour ses deux enfants, un vrai coach sportif! Le problème c'est qu'elle finit par se brouiller avec tous les profs et que ça vire sans arrêt au psychodrame parce qu'elle veut trop en faire et qu'elle cherche à se substituer à eux. Elle est sans cesse à la recherche du meilleur prof, du meilleur stage, du meilleur concours, de la meilleure filière, etc. Alors bien sûr un certain nombre de profs n'aiment pas cette attitude et quand ils se rendent compte qu'elle organise des choses dans leur dos ça va au clash... Donc si j'ai un seul conseil à donner c'est : fait confiance au prof et ne te mêle surtout pas de pédagogie. Ton cadet est dans un cursus très sérieux de CRR où si je compte bien il devrait arriver au DEM en fin de 4ème ou 3ème ce qui est déjà exceptionnel et lui ouvrira sans problème les portes d'une carrière pro s'il le désire. Ton rôle c'est de surveiller qu'il n'y a rien qui coince, qu'il n'y a pas de grains de sables dans cette mécanique bien huilée, qu'il n'y a rien de grave qui menace ou freine sa motivation et son travail...mais là-dessus je te fais confiance! :lol:

Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invités