Mes débuts

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Malkichay
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Re: Mes débuts

Message par Malkichay » sam. 12 janv. 2013 19:56

Ach, l'enseignement à la schlag, il n'y a que ça de vrai ! Image
C'est sans compter ceux qui repartent complétement écoeurés...
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Matmardigan1
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Re: Mes débuts

Message par Matmardigan1 » sam. 12 janv. 2013 20:04

akito a écrit : si on veut progresser, bien jouer, avoir un bon niveau, il n'y a pas de secret : le violon est certainement un des instruments les plus ingrats, il faut bosser tous les jours, plusieurs heures par jour, et on ne peut décemment pas se passer d'un (bon) prof.
D'accord avec toi Akito, il faut beaucoup travailler pour progresser au violon. En ce qui me concerne , je n'ai pas besoin d'un prof pour avoir envie de travailler. Dès que je suis en congé je consacre environ quatre heures par jour au violon. Je n'ai pas d'objectif autre que de jouer juste, avec de l'émotion et un bon son. Je ne vise pas la virtuosité.
Un prof qui me stresserait comme le tien l'a fait , ne pourrait rien obtenir de moi :nonon: ; mon tempérament fait que j'ai besoin d'écoute, de calme et de bonne humeur pour apprendre. Il n'est pas nécessaire de me secouer pour que je travaille :fouet:
Le violon, est pour moi un plaisir et une détente...Mon objectif, c'est que ça le reste !

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Re: Mes débuts

Message par mamyfly » sam. 12 janv. 2013 20:26

cécilius a écrit :akito a écrit:
Tant qu'il n'avait pas ce qu'il voulait, il ne me laissait pas tranquille. Certains cours étaient une torture. On recommençait la même mesure, plusieurs dizaines de fois. Jusqu'à ce que ce soit bon. Il était intransigeant, ne supportait pas de perdre son temps. Si on le voulait comme prof, il fallait en baver. Enfin... Il fallait bosser !


Voilà un professeur qui aime son métier ! On ne demande que ça d'en trouver un comme cela!
Pas pour moi non plus :-( .
Encore une fois à chacun ses besoins , liés à des objectifs personnels et à sa personnalité ! Je ne cherche pas non plus la virtuosité , et je ne fais jamais de séance sous contrainte . Mais pour faire carrière, comme dans beaucoup de profession, il faut bosser pour arriver au meilleur , dans ma profession, là oui, je me suis fait violence :fouet:
Malkichay a écrit :Le gros reproche que j'ai à faire aux quelques profs que j'ai eu, c'est le manque de méthode, l'absence totale de préparation des cours et de suivi de l'élève. Quand ce n'est pas carrément un "je-m'en-foutisme" à peine voilé...
Etant un ancien enseignant, je me sens parfaitement qualifié pour juger la qualité de leurs prestations.
Emmanuel B. a écrit :C'est l'impression que ça m'a fait aussi de mon coté. On a souvent la sensation que c'est de l'impro totale (Dans le sens péjoratif du terme ;) ) avec les élèves, ça résume souvent à apprendre des morceaux, mais pas beaucoup de travail technique. Et d'une fois sur l'autre, le prof ne rappelle plus trop ce qu'on a fait.
Là, je retrouve mon expérience, plus ou moins suivant les profs , et comme moi aussi , j'étais enseignante, je ressentais très bien le manque de préparation, de construction, d'objectifs ,d'investissement, de suivi ...

Maintenant , je n'ai peut-être pas eu de chance ! Mais difficile à trouver , enseigner aux adultes, c'est encore une spécificité !

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Re: Mes débuts

Message par akito » sam. 12 janv. 2013 20:45

Matmardigan1 a écrit :Il n'est pas nécessaire de me secouer pour que je travaille :fouet:
Le violon, est pour moi un plaisir et une détente...Mon objectif, c'est que ça le reste !
Tu as commencé en tant qu'adulte, j'espère bien que c'est pour autre chose que souffrir :)
C'est vrai qu'il fallait me pousser, mais à l'époque j'avais 12 ans, le contexte est différent. J'étais un de ces gosses qui ont besoin de coups de pied au c** pour avancer :lol:
Malkichay a écrit :C'est sans compter ceux qui repartent complétement écoeurés...
Ils seraient repartis de toute façon, finalement eux non plus, n'auront pas perdu leur temps :D

Ceux qui restent, à moins d'être maso ils bossent, donc c'est qu'ils en veulent : ils valent la peine qu'on se décarcasse pour eux. Les autres, ils ne sont pas motivés : et justement, inutile de se lancer dans la pratique d'un instrument aussi difficile, sans conviction. C'est une perte de temps pour l'élève et pour le prof. Je pense que c'était sa philosophie.

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Re: Mes débuts

Message par Malkichay » sam. 12 janv. 2013 22:06

Ils seraient repartis de toute façon, finalement eux non plus, n'auront pas perdu leur temps
Curieuse manière de voir les choses...
Il n'est pas étonnant qu'avec cet état d'esprit "Marche ou crève !", le Conservatoire produise de bons musiciens, mais de très mauvais profs !
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Re: Mes débuts

Message par Marjolaine » sam. 12 janv. 2013 22:15

Akito, je trouve ton discours très intéressant. Dans ton dernier message, tu dis : "Ceux qui restent, à moins d'être maso ils bossent, donc c'est qu'ils en veulent : ils valent la peine qu'on se décarcasse pour eux. Les autres, ils ne sont pas motivés : et justement, inutile de se lancer dans la pratique d'un instrument aussi difficile, sans conviction." => je pense en effet que ceux qui restent, c'est ceux qui en veulent, et qui bossent. Mais quand on se lance, à cinq, six ou sept ans, la conviction, il faut la provoquer. Elle n'est pas naturelle chez tous les enfants, et si on ne sélectionne que ceux qui a cinq ans sont prêts à bosser plusieurs heures par jour, alors on n'est pas prêt de voir la musique perdre son côté "élitiste".

En cela, je me demande si ton "prof terrible" (;)) était capable de donner "l'envie" aux débutants. Mon avis à moi, c'est que les premières années de violon devraient être faites avec un professeur capable d'apprendre de bonnes bases, mais qui soit surtout pédagogue et capable de motiver l'élève. Le type de professeur que tu décris, je dois admettre qu'il est sans doute nécessaire pour devenir un violoniste de haut niveau. Mais il dégoûterait complètement un enfant ou un débutant qui avait envie de pouvoir jouer des morceaux qui lui plaisent. Qu'aurait fait ce professeur devant un élève qui lui dit que sa violoniste préféré est Vanessa Mae ou Lindsey Stirling, et que son rêve c'est de faire de la pop au violon ? Je pense que le goût de la complexité vient au fur et à mesure, et qu'il faut permettre à tout le monde de faire de petites choses, même si nous même les jugeons ridicules.

Cependant, quand on se destine à une carrière dans le violon, on ne peut plus se contenter d'un "gentil prof" (je mets ce "gentil" entre énormes guillemets), mais qu'on a besoin de quelqu'un d'un qui nous secoue un peu. En tout cas, j'ai ressenti ça quand j'ai rencontré mon professeur actuel ; la première année, j'allais vraiment au conservatoire la peur au ventre, je suis sorti plein de fois de cours en pleurant, et j'étais trop immature pour reconnaître mon propre manque de travail, je rejetais toute la faute sur lui, qui était méchant et qui ne faisait aucun effort pour m'aider et me comprendre. MAIS j'avais fait du violon longtemps avant, en ayant rencontré des profs (notamment Clara en Guyane) qui m'avaient donné une motivation et une envie terrible, et donc je n'ai pas abandonné. Finalement, j'ai mûri, et ce "dressage à la dure" m'a ouvert les yeux sur ma manière de travailler. En deux ans, j'ai remis en question tout ce que je savais faire, j'ai commencé à enseigner aussi, et j'ai compris des milliers de choses sur l'instrument. Mais honnêtement, je pense que si je n'avais pas eu de "gentils profs" auparavant, au terme de cette première année, je me serais dit "à quoi ça sert de m'emmerder avec ça, j'arrête tout".

En résumé (parce que j'ai beaucoup écrit et que je pense que tout n'est pas clair) : le prof à la dure : oui pour ceux qui veulent vraiment dès le départ faire du violon plus qu'une passion, un métier. Non pour ceux qui veulent uniquement se faire plaisir avec leur violon en jouant des mélodies faciles, des thèmes archi connus etc. (rien ne les empêchera ensuite de vouloir se perfectionner avec un professeur à la dure. Mais s'ils commencent avec lui, ils risquent d'abandonner bien vite). Voilà mon opinion. :)

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Re: Mes débuts

Message par melirouge » sam. 12 janv. 2013 22:46

Marjolaine a écrit : En résumé (parce que j'ai beaucoup écrit et que je pense que tout n'est pas clair) : le prof à la dure : oui pour ceux qui veulent vraiment dès le départ faire du violon plus qu'une passion, un métier. Non pour ceux qui veulent uniquement se faire plaisir avec leur violon en jouant des mélodies faciles, des thèmes archi connus etc. (rien ne les empêchera ensuite de vouloir se perfectionner avec un professeur à la dure. Mais s'ils commencent avec lui, ils risquent d'abandonner bien vite). Voilà mon opinion. :)
Je suis plutôt de l'avis d'Akito. (et pourtant vu mon âge c'est juste pour mon plaisir)...j'attends de mon prof de violon qu'il soit exigeant d'autant plus qu'il s'agit d'un instrument d'exigeance....au collège et lycée, mes meilleurs prof étaient ceux réputés de "peaux de vache"...et grâce à eux j'ai acquis une personnalité de battante qui m'a déjà bien aidée!....oui, le marche ou crève est à la base de l'élitisme....le violon n'est-il pas un instrument élitiste ? (à mon grand regret et je parle ici de l'aspect financier)

Si la personne souhaite simplement jouer des mélodies faciles, s'amuser,...restons logiques et dans le même ordre d'idée: pourquoi critiquer les violons chinois au profit de ceux de lutherie....les chinois peuvent parfaitement remplir ce rôle...Si cela leur permet de passer de bons moments et qui sait d'approcher et d'accrocher à la musique plus "élitistes"...n'est-ce pas ce qu'il faudrait promouvoir et développer ?

Mais j'ai tout autant de respect pour les personnes qui se sentent plus à l'aise en apprenant en autodidacte...en respectant leur rythme...en respectant leurs envies et parfois aussi leurs moyens financiers.....

En conclusion, chacun de ces apprentissages est respectable et à respecter tout comme le choix de l'instrument du débutant ou du professionnel.
Meli

« L'automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver. »

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Re: Mes débuts

Message par akito » sam. 12 janv. 2013 23:36

Marjolaine a écrit :Mais quand on se lance, à cinq, six ou sept ans, la conviction, il faut la provoquer. Elle n'est pas naturelle chez tous les enfants, et si on ne sélectionne que ceux qui a cinq ans sont prêts à bosser plusieurs heures par jour, alors on n'est pas prêt de voir la musique perdre son côté "élitiste".

En cela, je me demande si ton "prof terrible" (;)) était capable de donner "l'envie" aux débutants. Mon avis à moi, c'est que les premières années de violon devraient être faites avec un professeur capable d'apprendre de bonnes bases, mais qui soit surtout pédagogue et capable de motiver l'élève. Le type de professeur que tu décris, je dois admettre qu'il est sans doute nécessaire pour devenir un violoniste de haut niveau. Mais il dégoûterait complètement un enfant ou un débutant qui avait envie de pouvoir jouer des morceaux qui lui plaisent.
Je pense comme toi, il y a un temps pour l'éveil, prendre goût au solfège, au langage de la musique, découvrir son instrument, et un temps pour... Ce qui vient après :hehe:
Mais je crois aussi que s'il y a bien une chose qu'un enfant de 4-5 ans doit apprendre le plus tôt possible a fortiori pour le violon, c'est la rigueur.

Oui je sais, j'ai un côté élitiste... Je réalise que les profs "gentils" que j'ai eus étaient bizarrement les moins motivants et m'ont plus dégoûté du violon qu'autre chose... Je ne voyais pas l'intérêt de travailler : au pire on ne me disait rien, ou alors un vague "tu retravailleras ce passage pour la semaine prochaine, si tu veux bien, d'accord ?"... Aucun intérêt ! Et puis, un prof qui fait trop de compliments ce n'est pas trop bon non plus, on se repose sur ses lauriers, on ne fiche plus rien... Un prof avare de compliments comme le mien, quand il te dit "c'est bien"... c'est une véritable récompense ! Et ça, c'est un compliment qui motive ! (Je ne dis pas qu'un prof gentil fait forcément trop de compliments non plus, hein :tongue: )
Enfin moi c'était ça. Alors oui, à 12 ans j'ai bien déchanté, et ce n'est qu'à l'âge de 18 ans que j'ai eu le vrai déclic. C'était presque magique :) Je m'en rappelle, ce jour-là j'ai pris mon violon et j'ai bossé 6 heures sans m'arrêter, ça ne m'était jamais arrivé, c'était extatique, j'avais enfin attrapé le "virus"... Mieux vaut tard que jamais ! Mes cours ne se sont plus jamais passés de la même façon, je ne craignais plus mon prof, je voulais enfin profiter de son enseignement... J'ai mis le temps, peut-être plus longtemps que la moyenne ! Mais ça en valait la peine.

Avec la prof de violon qui m'avait donné mes cours d'"initiation" avant d'entrer au conservatoire, bien des années avant... C'était un peu la même chose :gene: Elle faisait aussi fréquemment pleurer ses élèves, leur collait des retenues quand ils n'avaient pas assez travaillé : il fallait revenir le mercredi après-midi, travailler pendant 2 heures dans la pièce attenante à son salon où elle donnait ses cours (après on avait le droit de boire le thé avec elle... Enfin, un chocolat)... Ça m'est arrivé d'être "collé", et j'ai eu tellement honte que je me suis promis que ça n'arriverait plus... Mais j'étais justement très motivé au tout début !!
Maintenant que j'y repense, certains de ses élèves (comme pour ceux de mon prof) sont aujourd'hui de très bons musiciens professionnels ou des "amateurs dans le bon sens du terme" (encore un terme élitiste... Même pour les amateurs :D ). Elle savait reconnaître les élèves prometteurs. Mais comment dire... J'ai l'impression qu'à cette époque (les années 80), les parents étaient moins laxistes ou permissifs, et ne remettaient pas l'enseignement en cause. Mais c'est aussi dans ce milieu de profs sévères qu'on trouvait les extrêmes : le type de parents qui consacraient leur vie uniquement à la réussite de leur enfant.
Avec le recul, je pense que le fait d'avoir rencontré ces profs "durs", à l'image de l'instrument et certainement élitistes, m'a rendu service. D'autres auraient peut-être été écœurés comme dit Malkichay, mais autant que je me rappelle (ça remonte !!), je me suis ensuite retrouvé au conservatoire avec toute sa "classe", aucun n'a abandonné en cours de route. C'est juste mon expérience, pas la règle non plus, je m'en doute :)
Qu'aurait fait ce professeur devant un élève qui lui dit que sa violoniste préféré est Vanessa Mae ou Lindsey Stirling, et que son rêve c'est de faire de la pop au violon ? Je pense que le goût de la complexité vient au fur et à mesure, et qu'il faut permettre à tout le monde de faire de petites choses, même si nous même les jugeons ridicules.
Je ne sais pas ce que dirait un prof "élitiste", mais moi (qui ne suis pas prof... comment ça, tant mieux ? :D ) je dirais que c'est bien beau d'être fan de Vanessa Mae ou de Lindsey Stirling, d'ailleurs en passant j'aime beaucoup sa version du Fantôme de l'Opéra, mais elles ont elles aussi suivi une formation académique, elles ont une technique solide, elles n'ont pas suivi une "formation pop" que je sache, donc que ce soit pour jouer un grand concerto ou de la pop, y a pas 36 façons d'avoir le niveau, il faut bosser !

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Re: Mes débuts

Message par cécilius » dim. 13 janv. 2013 07:40

Je suis en gros d'accord avec tout le monde. Il faut un style de professeur adapté au style de l'élève. Jusqu'ici, on parlait surtout de cours pour des adultes que nous sommes. Je pense que l'approche est différente pour les enfants ; mais là encore, tous les cas et les objectifs ne sont pas semblables.

Cependant, en tant qu'adulte, lorsque l'on voit des professeurs qui ne sont intéressés que par le côté alimentaire, assurant des cours sans structure ni préparation, c'est assez pénible pour un élève motivé qui est conscient de la situation ; ce qui l'oblige à prendre la décision de travailler tout seul.

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